Comme le fruit éponyme, le roman LULO est cocktail bien mixé qu’on engloutit d’une gorgée.

Le dos de couverture donne le ton. La première partie est narrée par Sandra, avec un style rythmé, façon La-fille-dans-Kill-Bill-qui-aurait-croqué-des-mantes-religieuses-en-apéro-pour-accompagner-son-Bloody-Mary.

Je m’appelle Sandra. J’ai vingt-huit ans. Ce que j’aime dans la vie, c’est baiser et tuer. Baiser je le fais gratuitement, c’est ma passion. Tuer, c’est mon métier, je suis payée pour ça.

Le résumé présente ensuite Marc, le deuxième protagoniste, un timide maladif qui s’est révélé au cours de sa carrière d’enquêteur fulgurante, en résolvant des meurtres en série:

Je m’appelle Marc. J’ai trente-sept ans. Je suis inspecteur à la brigade criminelle et je crois bien qu’on vient de me confier l’affaire qui va changer ma vie.

Le dos du livre mentionne enfin une explication du titre aux sonorités exotiques:

Le « lulo » est un fruit colombien de couleur orange, lumineux quand il est mûr. On l’apprécie pour son jus verdâtre, souvent dilué dans de l’eau, avec un peu de sucre ou de miel pour en atténuer l’acidité.

Tout comme le fruit éponyme, LULO est frais et digeste, avec un arrière-goût acidulé édulcoré par un humour corrosif. LULO est cocktail bien mixé qui se sirote sans soif.

Vous voulez en savoir plus sur l’histoire? Je m’épargne de l’exercice du plot en recopiant celui proposé par l’auteur:

Sandra n’est pas une responsable éditoriale comme les autres. Comme son patron machiavélique, le magnat des médias et de l’édition Doran Charlier, elle déteste la médiocrité. Il y a trop de jeunes écrivains ratés sur le marché. Elle va donc entreprendre de les assassiner un par un, en leur faisant miroiter la perspective hypothétique d’être publiés, après toutefois leur avoir laissés profiter de ses charmes. Jusqu’à ce qu’elle tombe sur Marc Bonati, enquêteur à la brigade criminelle, spécialisé dans la technique de l’appât, et qui a décidé de se faire passer pour l’un d’entre eux. Ces deux-là sont faits pour se rencontrer, mais ils ne savent pas encore pourquoi.

Dans ce roman, les destins se croisent, les fils rouges (très rouges!) se coupent et se recoupent. Un récit à la géométrie soignée, avec en son centre un triangle meurtre-justice-amour aux angles bien affutés. Marc et Sandra jouent au chat et à la souris, et depuis plus longtemps qu’ils le pensent.

Quelques bribes du roman qui m’ont marquées:

Ta vie sera plus simple quand tu écouteras tes tripes.

Les mains, c’est la chose la plus importante chez une femme. C’est ce qu’on touche en premier… et en dernier.

Et le poème de Marc dévoilé en dernière page, une vraie pépite autour de laquelle s’articule la fin du roman (hé non, je ne le spoilerai pas ici).

L’auteur n’en est pas à sa premier essai puisqu’il s’agit de son second roman. L’humour d’Hugo Poliart sévit depuis longtemps sur Twitter où sa plume agite les drôles d’oiseaux. C’est là que j’ai commencé à le suivre. Ses pensées égaieront votre feed Instagram: @hugopoliart. Il a également fait ses gammes sur 13lignes.be avant de se lancer dans l’aventure d’un roman.

Notons que LULO m’a donné une motivation supplémentaire dans mes projets d’écriture: désormais j’ai très peur de croiser le chemin d’une Sandra bien décidée à éradiquer la médiocrité littéraire!